Rapport CIASE et Congrès Mission : N'y a-t-il pas une colombe sous le déluge ?

Le rapport de la CIASE est terrible et accablant car il révèle le véritable tsunami des agressions sexuelles commis dans l’Eglise de France sur 3 ou 4 générations par des religieux, clercs ou laïcs. Il nous glace et génère sans doute en nous tous un sentiment de colère et de tristesse, mais surtout de compassion pour toutes ces victimes : 330 000, c’est inimaginable…

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Dans ce déferlement de douleur, comment ne pas noter qu’il n’est sans doute pas fortuit de la part de la providence la publication du rapport de la CIASE les Congrès Mission de ce WE dernier. Le contraste entre ces deux événements est interpelant :

- Le rapport de la CIASE met un passif fort sombre de notre histoire ecclésiale récente illustrant de manière aigüe, comme la pointe de l’iceberg, une crise existentielle profonde du catholicisme des dernières décennies comme l’illustrent si clairement les analyses précises et même assez glaçantes du sociologue Guillaume Cuchet* ;

- De son côté, le Congrès Mission est un évènement unique dans l’histoire récente de l’Eglise en France (17 000 participants aux 4 coins de l’hexagone, après les rencontres de Paris les 6 dernières années, doublant de taille à chaque fois) : organisé et porté par des laïcs, il prend désormais une dimension nationale de grande ampleur, dans un paysage ecclésial en plein rétrécissement voire déprime ; ce Congrès apparait d’année en année comme un courant apostolique fédérateur, dynamique et implanté sur tout le territoire. Il pourrait bien indiquer l’orientation pastorale plus ou moins proche  de l’Eglise de France, de sa jeunesse, de ses forces vives : cet évènement porte tant de signes de renouveau, d’espérance, de vitalité et de l’actualité de l’Evangile.

Face au contraste saisissant des 2 évènements de ce début octobre 2021 résonnecomme en écho les propos si inspirés du futur Benoit XVI en 1998 mettant en évidence la concomitance dans les années 70-80 de ce surprenant « hiver de l’Eglise » (fait de doute, de lassitude, de remise en cause, de crises…expliquait-il) qui a fortement ébranlé dans son ensemble le catholicisme d’alors, tandis qu’en parallèle « surgissait brusquement, en des endroits tout différents, quelque chose que nul n’avait prévu : voilà que l’Esprit Saint avait, pour ainsi dire, demandé à nouveau la parole », germes de ce qui deviendra 20 ou 40 ans plus tard la « nouvelle évangélisation » développée, assumée et déployée comme priorité pastorale centrale pour l’Eglise du XXI° siècle par Jean-Paul II, Benoit XVI et François, même si chacun y a apporté son style et son regard.

Le rapprochement de ces 2 faits quasi-concomitants du Congres Mission et du rapport CIASE s’avère en fait très christique et pascal : au cœur de ténèbres douloureuses et mortifères, pointe déjà l’aube de la renaissance et de la résurrection. Malgré le déluge qui s’abat, déjà une colombe nous apporte un rameau d’espérance.

* Voir « Comment notre monde a-t-il cessé d’être chrétien ? » et le très récent « Le Catholicisme a-t-il encore un avenir en France » ?

Alex et Maud Lauriot Prevost

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