En effet, c’est un vrai bonheur pour moi de partager ce sentiment avec le public. Le jour où je perdrai cet enthousiasme, j’arrêterai tout ! (Rires.) J’ai la chance de côtoyer les plus grands sportifs du monde, toutes disciplines confondues ! Je considère cela comme un privilège extraordinaire.
Oui, et je crois que c’est précisément mon rôle. Lorsqu’on interroge un grand sportif ou qu’on commente un événement comme les JO, c’est essentiellement pour apporter du bonheur aux gens. L’actualité est souvent remplie de mauvaises nouvelles, et cela peut être pesant. Le sport à la télévision doit rester un moment de bonheur, une parenthèse joyeuse. C’est à cela que je m’efforce de contribuer.
Il est important de pratiquer un sport pour comprendre ses propres limites. Pour un commentateur sportif, c’est même un signe de respect de pratiquer les sports qu’il commente. Le respect du public passe aussi par une certaine hygiène de vie, une forme d’ascèse : ne pas boire, adopter un régime alimentaire cohérent avec celui des sportifs, etc. (Rires.) Personnellement, je me sens bien en faisant cela, ce n’est pas une contrainte ! Je ne prétends pas être un champion, mais je pratique le tennis, le golf, la course à pied et la natation. Je pratique également le patinage, même si, dans mon cas, je ne le qualifierais pas d’artistique ! Cela m’a permis de me rendre compte de l’extrême difficulté de ce sport, qui, selon moi, est le plus exigeant de tous.
Pour être honnête, j’ai toujours essayé de garder une certaine distance entre l’admiration et l’amitié. Les sportifs ne me tapent pas dans le dos, et moi non plus ! La connivence est encore plus marquée dans le journalisme politique. En ce qui me concerne, je n’ai jamais voulu entrer dans ce genre de relation. Bref, je ne suis pas « l’ami » des champions. Avant tout, je suis un journaliste. J’essaie de rester objectif, en conservant le recul nécessaire. Il existe une complicité avec les sportifs, mais pas une amitié au sens traditionnel du terme. Cette distance professionnelle n’empêche pas d’établir des relations de confiance.
Je vais vous partager une anecdote qui reste profondément ancrée dans mon cœur. Cet épisode s’est déroulé lors des Jeux olympiques d’été de Londres, en 2012, lorsque l’équipe de France du relais 4 × 100 m nage libre a remporté la médaille d’or. Cette équipe était censée terminer à la 5e ou 6e place, mais elle a finalement gagné la course ! Après la victoire, le dernier relayeur, Yannick Agnel, m’a murmuré à l’oreille : « Tu es comme notre cinquième relayeur. » Cette phrase, je m’en souviendrai toute ma vie. À ce moment-là, je me suis dit que ce métier valait vraiment la peine d’être exercé !
Absolument ! Je vais peut-être paraître un peu démodé, mais j’ai une admiration sincère pour Pierre de Coubertin. Je me reconnais pleinement dans les trois mots latins de la devise originelle des JO : Citius, altius, fortius (« Plus vite, plus haut, plus fort »). À l’époque, le sport était bien différent de ce qu’il est devenu aujourd’hui. Il était perçu comme un idéal, incluant le respect de l’adversaire, le fair-play, etc. Malheureusement, ces notions semblent parfois un peu dépassées dans le sport moderne. Aujourd’hui, le sport est davantage un business politique, financier et existentiel. Les notions de loisir et de légèreté – l’un des plus beaux mots de la langue française – ont presque disparu…
Bien sûr ! Mais il faut reconnaître que nous vivons dans une société d’une violence épouvantable. Il reste encore beaucoup de travail à faire… La violence s’est banalisée dans le sport, au point de le dénaturer de manière insupportable. C’est l’inculture qui engendre cette violence. Quand on lit un poème de Victor Hugo ou quand on écoute la Passion selon saint Mathieu de Jean-Sébastien Bach, on ne va pas brûler des voitures ou insulter les gens dans le métro! Cette inculture, malheureusement, s’est installée chez nous!
L’honneur, l’humour, l’humilité et l’humanité… Quatre beaux mots de la langue française qui ont en commun de commencer par la lettre « h ». L’honneur résume à lui seul beaucoup de choses : c’est l’éthique, l’honnêteté, l’idée de ne pas tricher. L’humour est également très important. J’ai constaté que la plupart des sportifs manquent généralement d’humour et ont un peu de mal avec l’autodérision. L’humilité est une qualité essentielle. Je pense notamment à Rafael Nadal – l’un des plus grands joueurs de tennis sur terre battue –, qui fait preuve d’une humilité incroyable et d’une grande sincérité. Enfin, l’humanité est la valeur qui conditionne toutes les autres.
J’aime beaucoup cette question. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle je participe volontiers à la belle initiative Holy Games. J’étais présent lors de l’inauguration de la chapelle Notre-Dame des sportifs à l’église de la Madeleine. Pourquoi suis-je à l’aise avec les Holy Games ? Je crois que la spiritualité – ou le Seigneur, pour le nommer – peut offrir une immense consolation. Et j’insiste sur le mot « immense » !
Le Seigneur n’est pas hors jeu. Je ne parle pas uniquement des sportifs qui font leur signe de croix devant le monde entier. Je parle de l’acte de remercier Dieu en cas de belle performance, mais aussi de trouver en Lui une source de réconfort en cas de contre-performance. C’est tellement important. Ce que l’équipe des Holy Games accomplit est, selon moi, essentiel. Je dirais même que c’est la plus belle action autour de ces JO !
Exactement. Le sport se présente parfois comme une nouvelle religion, avec tout ce que cela implique… C’est devenu le nouvel opium du peuple !
Je suis plus conscient que jamais que le sport est un langage universel. Mon rôle est de transmettre de l’émotion. La religion m’aide énormément. On n’arrive pas aux JO par hasard, les mains dans les poches, non, non, non ! Je vais vous confier un petit secret : chaque fois que je passe devant une église, j’y entre. Ce matin, je suis passé devant l’église Sainte-Jeanne-de-Chantal à Saint-Cloud, mais elle était malheureusement encore fermée. Ce n’est que partie remise. Je suis un homme attiré par Dieu.
-Samuel Pruvot
Pour son dixième numéro la revue Mission propose de réfléchir à un évènement qui nous porte « toujours plus haut, toujours plus loin, toujours plus fort » : les Jeux Olympiques. Pour y réfléchir aux liens entre sport et Foi, Nelson Montfort, nous donne un témoignage exclusif se confiant sur sa vie spirituelle. Le footballeur Guillaume Warmuz revient sur son parcours chrétien, et Max Guazzini, ancien président du Stade français, raconte comment il a fait mettre la Vierge sur le maillot de l’équipe et de l’eau de Lourdes entre les buts ! Pour prendre un peu de hauteur, le frère Baptiste, frère Carme, propose un commentaire sportif de la course au tombeau, et Arnaud Bouthéon décrypte 6 paradoxes sur le sport et la Foi. En plus de tout cela, vous retrouverez un grand reportage à Sarcelle, un entretien fleuve avec Mgr Jordy, et bien d’autres éléments pour nourrir une réflexion sur le sport et la mission.
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Mission est aussi une promesse, celle de tisser un grand réseau missionnaire en France et d’installer l’évangélisation dans le quotidien des communautés chrétiennes. La promesse de montrer la beauté de la mission et sa diversité créative.
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